HERITAGE des ECHECS FRANCAIS

 

                    

               Détail d'une gravure "The chess champions" publiée par Sam Loyd en 1868       Détail d'une gravure publiée par Le Monde Illustré le 7 mars 1874

 

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LEQUESNE (ou LE QUESNE) Eugène Louis

15/02/1815 (Paris) - 03/06/1887 (Paris)

Quand le sculpteur de La Bonne-Mère rencontre Morphy !

Après une formation de juriste, Eugène Louis Lequesne entre en 1841 à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts où il est l'élève de James Pradier un des plus célèbres sculpteurs français de l'époque. Ses œuvres lui vaudront de nombreux prix (1er prix de Rome en 1844, médaille au salon de 1851, grand prix de sculpture à l'exposition universelle de Paris de 1855 ...)

Il deviendra un artiste quasi-officiel du second empire. Parmi ses œuvres les plus célèbres on note : les deux "Pégases" qui ornent l'opéra de Paris, le "Faune Dansant" du jardin du Luxembourg ou la célébrissime "Bonne-Mère" qui surplombe la basilique Notre Dame de la Garde à Marseille.

La "Bonne-mère"

Outre ses talents de sculpteur, Eugène Louis Lequesne était un des meilleurs joueurs amateurs parisiens pendant le second empire. Il fut un visiteur régulier du café de la Régence pendant près de 40 ans comme en attestent les écrits de l'époque:

 

LE CERCLE DES ÉCHECS

Se tient au café de la Régence, a son histoire, son livre d'or, ses légendes, son organe officiel, le Journal de la Régence, comme il avait autrefois le Palamède.

Vingt fois désorganisé et réorganisé, ce cercle ne peut pas se classer parmi ceux dont nous nous occupons : il n'y a pas association, c'est l'échiquier qui réunit chaque soir les mêmes personnes, qui ne sont liées entre elles par aucun traité, par aucun règlement.

Saint-Amand, Labourdonnais, Méry, le sculpteur Lequesne, Journoud, en ont fait partie; c'est le conservatoire des échecs, c'est là que, dans la méditation, se préparent les joueurs qui doivent, en champ clos, combattre contre l'Angleterre pour l'honneur du pays.

(Les Cercles de Paris. 1864 p309)

 

Les joueurs dont on suit les parties avec le plus d'attention sont : M. de Rosenthal, un Polonais ; M. Festhamel qui, au Monde Illustré, à feu l'Opinion Nationale, au Siècle, pose les problèmes les plus difficiles ; M. le vicomte de Bornier ; d'après les on-dit des connaisseurs, l'auteur de la Fille de Roland est, en peu de temps, devenu d'une force remarquable ; M. Chaseray, commissaire-priseur, qui se délasse des fatigues de l'Hôtel des Ventes devant un échiquier ; le sculpteur Lequesne ; M. Baucher, fils du professeur d'équitation ; M. Charles Jolliet, dont la voix emplit la salle ; M. Auguste Jolliet, des Français, M. Prudhon du même théâtre ; M. Séguin ; M. Charles Royer, un lettré qui a écrit, pour plusieurs volumes de Lemerre, des préfaces très remarquables. M. Royer est le neveu de M. Garnier-Pagès, dont on apercevait quelquefois à la Régence les longs cheveux blancs retombant sur son immense faux-col ; M. Maubant, de la Comédie-Française ; M. de la Noue, gendre de l'ancien ministre de l'Empire, M. Billaut ; un officier en retraite, M. Coulon, qui pousse ses pièces avec un sang-froid tout militaire.

   (Les cafés artistiques et littéraires de Paris. 1882)

Il participa à l'organisation de très nombreux événements échiquéens parmi lesquels: le match Morphy-Harrwitz de 1858, le tournoi de l'Empereur à Paris en 1867 (En 1867 il habitait Paris 33 rue de l'arcade). Il fut également juge lors de plusieurs concours de problèmes et il avait la réputation d'être l'un des meilleurs "résolveurs" de problèmes de Paris.

Lors de la visite de Morphy il réalisa le buste du génie américain qui fut exposé au Salon de 1859.

 

What with the illustrated papers giving Morphy's portraits, no two of which were ever alike, and the innumerable articles in the " dailies," he began to be notorious. Saint Amant wrote that he supplied a want which Paris had felt for a long time—the want of a hero. Monsieur Lequesne requested him to sit for his bust, and threw so much labor of love into the work, that he produced a chef d'oeuvre which all Paris went to criticize and to praise.

(Paul Morphy the chess champion. F.Edge - 1859 p153)

Le buste de Morphy, sculpté par Lequesne qui orna longtemps le Café de la Régence en compagnie des bustes de Philidor et De Labourdonnais.

Lequesne réalisa également un moulage de la main de Morphy.

L'oeuvre de Lequesne en couverture de la revue américaine Chess Life and Review de janvier 1976.

Il fut un des huit adversaires de Morphy lors de la fameuse simultanée à l'aveugle du 27 septembre 1858. Evènement considérable à l'époque qui attira l'attention de la presse du monde entier.

Extrait du journal parisien La Presse du 28 septembre 1858.

Morphy jouant à l'aveugle huit parties au café de La Régence. Le Monde Illustré du 16 octobre 1858.

Lequesne fut l'un des deux joueurs à annuler sa partie contre le génial américain.

La partie dans l'ouvrage de Jean Préti Choix des parties jouées par M. Paul Morphy (1859) - (en notation descriptive comme d'usage à l'époque)

sources: un article sur Lequesne sculpteur / La Stratégie 1886 p196 / Chess Monthly 1886-87 p324 / Columbia Chess Chronicle 1887 p31 / Paul Morphy the chess champion (F.Edge)1859 /

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