HERITAGE des ECHECS FRANCAIS

                        

    

Le très célèbre tableau réalisé en 1843 par Jean Henri Marlet

à l'occasion du match Saint Amant-Staunton.

Eugène Rousseau

Extrait du tableau de Jean Henri Marlet

                             

Accueil
Arnous de Riviere
Aurbach
Baratz
Barbier
Barthelemy
Berman
Bernstein
Betbeder
Bienstock
Billecard
Biscay
Blum
Boncourt
Budowski
Burstein
Castillo
Chamier
Chamouillet
Chauvet
Clerc
Cukierman
D'André
De Barneville
Delaire
Deschapelles
Desloges
Desprès
De Villeneuve Esclapon
Devinck
Duchamp
Duclos
Gavarry
Gestesi
Goetz
Golbérine
Grévy
Halberstadt
Journoud
Kesten
Lamare
Laroche Bayonne
Laroche Docteur
Lazard Fred
Lazard Gus
Legall de Kermeur
Legrain
Lequesne
Maczuski
Michel
Mouret
Mouterde
Pape
Polikier
Pradignat
Ratner
Rinck
Rousseau
Seneca
Silbert
Sittenfeld
Suren
Taubenhaus
Tauber
Vertadier
Vincent
Znosko Borovsky

 

 

ROUSSEAU [Rodolphe] Eugène

13/11/1805 (Saint Denis)  - ??/??/ circa 1870 

Joueur français du 19ème siècle. Né à Saint Denis en 1805 (1), bien plus tôt que les encyclopédies ne l'indiquaient jusqu'ici (2).

Il est formé au café de la Régence où il compte parmi les meilleurs amateurs, on trouve quelques parties intéressantes contre Kieseritzky ou Saint Amant. Plusieurs sources indiquent qu'il aurait joué plus de cent parties contre Kieseritzky, ce dernier en aurait gagné un peu plus de 50%.

Vers 1840 il émigre aux USA pour s'installer à la Nouvelle Orléans où il occupe la profession de caissier à la Citizen's Bank of Louisiana.

Il devient un des membres éminents du club d'échecs local et sa renommée dépasse la Floride. Il dispute une série de matchs contre John W. Schulten (3), un émigré allemand, considéré comme un des meilleurs joueurs des Etats-Unis:

 - En 1841, à la Nouvelle Orléans, il perd (10-11)

 - En 1841, à la Nouvelle Orléans, il gagne (7-4)

 - En 1843, à New York, il gagne (13-8)

 

En 1843, il séjourne quelques mois en France, et retrouve le chemin du café de la Régence. Il lance un défi à Saint Amant (4): le premier vainqueur de 4 parties. Il est battu (+1 =1 -4 en août-septembre).

 

En 1845, il est considéré comme le meilleur joueur des Etats Unis lorsqu'il est défié par Charles Henry Stanley, un autre joueur émigré, d'origine anglaise. Ce dernier avait lancé la première chronique d'échecs aux Etats Unis dans le New York Spirit of the Times. Le match eut un fort retentissement car il fut disputé pour une bourse record de 1 000 $ et il opposait le champion du "Nord" contre le champion du "Sud".

New York Spirit of Times 6 décembre 1845

Lorsque Stanley arrive à La Nouvelle Orléans après un voyage de 13 jours, Rousseau est malade, mais il choisit de disputer le match malgré tout et il le perd (+8 =8-15).

Match disputé du 1er au 27 décembre 1845 (5).

New York Spirit of Times 10 janvier 1846

 

Rousseau perd la couronne de meilleur joueur des Etats Unis, mais le match a une conséquence inattendue : le second de Rousseau est Ernest Morphy qui est souvent accompagné de son neveu, le tout jeune Paul Morphy. C'est peut-être l'étincelle qui a inspiré Paul Morphy (6). Par la suite Rousseau abandonne plus ou moins les échecs, il se contente de jouer au club de La Nouvelle Orléans où il demeure le meilleur joueur avant l'avènement de Paul Morphy.

De très nombreuses sources indiquent qu'il aurait joué une cinquantaine de parties contre Paul Morphy en 1849-1850, alors que ce dernier avait 12-13 ans. Morphy en aurait gagné les 9/10èmes. Ernest Morphy, l'oncle du jeune Paul est tellement impressionné par le niveau de son neveu qu'il envoie une de ses victoires au magazine parisien La Régence (7).

La Régence 1851 p.23-24. Le M. R... mentionné dans le texte est Eugène Rousseau.

 

En 1850, le très fort joueur hongrois Janos Jakab (Johann Jacob) Loewenthal est en visite à La Nouvelle Orléans et il corrige Rousseau (8) dans une série de partie légère (+0 =0 -5).

Rousseau reviendra plusieurs fois en France pour visiter sa famille. Par exemple, on sait qu'en 1858 il est présent lorsque son jeune ami Paul Morphy arrive à Paris (9).

Il est également à Paris en 1867 lorsque se dispute le tournoi de l'Empereur. Mais ses meilleurs jours sont bien loin et il finit dernier. Il jouera malgré tout un rôle important en battant Winawer à la fin du tournoi ce qui conduira Kolisch à la victoire (8)

Congrès International des Echecs (1868) p.250

Je ne peux dire si il a terminé sa vie à La Nouvelle Orléans ou en France.

Sources:

(1) Etat Civil de la Commune de Saint Denis

(2) Chess Personalia - Jeremy Gaige (1987) p.363 qui indique "circa 1810"

(3) Edo Historical Chess Ratings - Rod Edwards

(4) Le Palamède (1843) p427 & p.451-456

(5) New York Spirit of Times - Chroniques de fin 1845 début 1846 que l'on peut trouver sur le remarquable site Chess Archeology

(6) The Oxford Companion to Chess - David Hooper & Kenneth Whyld (1992) p.345

(7) La Régence (1851) p.23-24

(8) The Oxford Companion to Chess - David Hooper & Kenneth Whyld (1992) p.346

(9) The Exploits and Triumphs, in Europe, of Paul Morphy the Chess Champion - Frederick Edge (1859) p.177

(10) Congrès International des Echecs - Alphonse Féry d'Esclands & Gustav Richard Neumann & Jules Arnous de Rivière (1868) p.250

 

© Dominique Thimognier (Reproduction interdite sans autorisation)

Accueil