HERITAGE des ECHECS FRANCAIS

 

                      

                           Le Palamède 1847

 

Accueil
Arnous de Riviere
Aurbach
Baratz
Barbier
Barthelemy
Berman
Bernstein
Betbeder
Bienstock
Billecard
Biscay
Blum
Boncourt
Budowski
Burstein
Castillo
Chamier
Chamouillet
Chauvet
Clerc
Cukierman
D'André
De Barneville
Delaire
Deschapelles
Desloges
Desprès
De Villeneuve Esclapon
Devinck
Duchamp
Duclos
Gavarry
Gestesi
Goetz
Golbérine
Grévy
Halberstadt
Journoud
Kesten
Lamare
Laroche Bayonne
Laroche Docteur
Lazard Fred
Lazard Gus
Legall de Kermeur
Legrain
Lequesne
Maczuski
Michel
Mouret
Mouterde
Pape
Polikier
Pradignat
Ratner
Rinck
Rousseau
Seneca
Silbert
Sittenfeld
Suren
Taubenhaus
Tauber
Vertadier
Vincent
Znosko Borovsky

 

 

DEVINCK François Jules

26/04/1802 (Paris) - 20/11/1878 (Paris)

Industriel et homme politique, il sera pendant un temps le président du cercle des échecs de Paris.

Il fonde en 1830 une fabrique de chocolat qui deviendra l'une des plus importantes d'Europe. Il invente des machines et des procédés innovants qui feront sa fortune. Il est le premier à utiliser la vapeur pour la torréfaction des fèves de cacao.

Affiche publicitaire pour les chocolats Devinck.

On constate que l'un des magasins était situé au 175 rue St Honoré, très près du café de la Régence qui était au 161.

Une des machines de la chocolaterie Devinck à l'exposition internationale de Londres 1862

Le Monde illustré (1863) p.45

François Jules Devinck fut nommé juge puis président du tribunal de commerce de Paris (1848). Sa réussite et son autorité firent de lui, un des représentants des milieux "bourgeois" sous la deuxième république. Il fut élu le 30 novembre 1851 à l'assemblée législative et son élection fut vécue comme un échec par Louis Napoléon Bonaparte, le "prince président", et précipita probablement le coup d'état du 2 décembre 1851 qui allait conduire au Second Empire. Les résultats ne furent jamais entérinés, mais Devinck fut élu à nouveau en 1852, après un ralliement au nouveau pouvoir. Il conserva son mandat en étant réélu en 1857, mais fut battu en 1863 et en 1869, ce qui mit fin à sa carrière politique.

Recueil. Juristes, hommes politiques et autres personnalités parisiennes du Second Empire. (1860) p.31

Album photographique de M.Georges Sirot.

source: site internet de la Bibliothèque de France

Il fut donc député de 1852 à 1863 et se spécialisa dans les questions budgétaires. Il devint chevalier de la légion d'honneur dès 1849 et grand officier en 1867.

François Jules Devinck

Estampe d'Achille Louis Martinet, datant de 1867.

source: collection de l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris

Il figure déjà comme un membre du cercle des échecs de Paris dès 1836, où Le Palamède le décrit comme "un de nos plus forts amateurs". Par la suite, on le présente souvent comme l'ami et l'élève de De Labourdonnais. Il va fréquenter le cercle pendant des décennies malgré toutes ses activités. En 1843 il jouera un grand rôle dans l'organisation du fameux match entre Saint Amant et Staunton, il est l'un des personnages figurant sur le célèbre tableau peint par Marlet. En 1845, il devient le président du Cercle des Echecs de Paris. Il est décrit alors comme un joueur "à la tête des forces de second rang", mais qui atteindrait la première classe française sans ses occupations.

En 1858, lors de la visite de Morphy, il fait partie des nombreux joueurs français qui croiseront le fer avec le génial américain. Ils disputeront 4 parties où Morphy donne l'avantage d'un pion et du trait, le score fut +2 -0 =2, en faveur de Morphy. Il figurait sur la liste des inscrits au grand tournoi de l'empereur de 1867, mais prit la décision de ne pas participer au dernier moment, car il faisait partie du comité d'organisation de l'exposition universelle et ne put se libérer de ses obligations.

Bien des années plus tard, il apparaît encore sur la fameuse gravure représentant le café de la Régence qui figure sur la première page de ce site.

Le café de la Régence en 1874 - Le Monde Illustré du 7 mars 1874

On reconnait fort bien Devinck, debout au centre de la gravure.

 

Un exemple de son jeu: Devinck, François Jules - Saint Amant, Pierre Charles Fournier (qui donne l'avantage du pion f7 et du trait) Paris janvier 1846

1.e4 e6 2.d4 c5 3.d5 d6 4.c4 ¤f6 5.¤c3 ¤a6 6.f4 e5 7.¤f3 exf4 8.¥xf4 ¥g4 9.£a4+ £d7 10.£xd7+ ¢xd7 11.a3 ¦e8 12.¥d3 ¤c7 13.¢f2 ¤h5 14.¥d2 g6 15.¦ae1 ¥g7 16.h3 ¥xf3 17.gxf3 ¥e5 18.¦hg1 ¦hf8 19.¤e2 ¦f7 20.¥h6 ¦b8

 21.b4 ¤e8 22.¥d2 ¥b2 23.bxc5 dxc5 24.a4 ¤d6 25.¦g5 ¦bf8 26.¤g1 ¥f6

(L'erreur fatale selon le commentateur du Palamède qui recommande ¥d4+ avec une partie indécise)

27.e5 ¥xg5 28.¥xg5 ¦f5 29.¥h6 ¤e8 30.¥xf5+ ¦xf5 31.¦e4 ¤hg7 32.¥xg7 ¤xg7 33.¤e2 g5 34.¤g3 ¦f8 35.¦g4 h6 36.h4 ¦f4 37.hxg5 ¦xg4 38.fxg4 hxg5 39.¤e4 . 1-0  (Le Palamède 1846 p.40)

 

sources :

- Chess Personalia - Jeremy Gaige (1987) p.91

- La Stratégie - Article nécrologique (1878) p.357

- Chess Player's Chronicle - Article nécrologique (1879) p.42

- Schach Jarbuch - Johann Berger - (1889-90) p.123 Se trompe sur sa date de décès.

- Dictionnaire des Contemporains - Gustave Vapereau (1870 4ème Ed.) p.535

- Le Palamède - nombreuses références de 1836 à 1847

- Site de l'Assemblé Nationale

- Site de la Légion d'Honneur

Accueil