HERITAGE des ECHECS FRANCAIS

 

                      

source : Les Echecs Modernes (1914)                         source: Wiener Schachzeitung (1904)      

 

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ARNOUS de RIVIERE Jules

04/05/1830 (Nantes) - 11/09/1905 (Paris)

Il est issu d'une famille bourgeoise de la région nantaise, les Arnous-Rivière. L'historien des échecs Louis Mandy, qui a fait des recherches sur ses origines, indique qu'il a remplacé "le bourgeois trait d'union" entre Arnous et Rivière par "une aristocratique particule". Il ajoute que cette "bagatelle ne saurait ternir la mémoire de cet homme d'esprit".

Il était un des piliers du café de la Régence, qu'il fréquenta pendant des années. Très jeune, Il devient rédacteur en chef de la revue La Régence de 1856 à 1857.

Détail d'une gravure parue dans The Illustrated London News du 14 juillet 1855

Chess celebrities at the late chess meeting

Il se fait connaître en gagnant quelques parties contre l'invincible Paul Morphy, dont il devient l'ami, lors de ses passages à Paris en 1858 et 1863.

Croquis réalisé par le compositeur américain Sam Loyd représentant Morphy au prise avec Arnous de Rivière

Lasker's Chess Magazine 1905 p.265

Il gagne facilement un match contre Paul Journoud en 1859 (+9 =2 -4). En 1867, il participe au premier grand tournoi international organisé en France et termine 6ème sur 13. A la fin du tournoi, il gagne un petit match contre Lowenthal (+2 =0 -0). En 1883, il termine deuxième du tournoi national et il perd de peu, un match contre le champion russe Chigorin (+4 =1 -5).

 Détail du portrait de groupe paru dans The Graphic en juillet 1886

The Sixteen Leading Chess Players in the World

Il est à signaler que dans la dernière partie du 19ème siècle l'ouverture 1.d4 f5 était très fréquemment appelée ouverture De Rivière (même hors de France).

Il a participé à l'organisation de nombreux tournois, notamment il est le directeur de la série de tournois internationaux organisés à Monte Carlo de 1901 à 1904.

Il a également une grande activité comme chroniqueur (L'Illustration, La Revue des Jeux, La Revue Illustrée, L'Echo de Paris, L'Evénement, Le Gil Blas, La Liberté, La Patrie, Le Rappel etc...).

Gravure parue dans L'Illustration 26 mai 1894 p.447, d'après une photo de Liébert

Il publia sur les échecs, mais aussi le billard, les dominos, les dames, la roulette, le trente et quarante etc... Il invente des jeux et se passionne pour les énigmes mathématiques. Ses livres sur les jeux en dehors des échecs, sont souvent signés sous le pseudonyme de "Martin Gall".

Intéressons nous de plus près à l'un des jeux qui passionna Arnous de Rivière à la fin de sa vie: le Salta.

Le Salta est un jeu inventé par l’allemand Konrad Büttgenbach. Le jeu est présenté dans Pearson’s magazine de 1902, dans un article intitulé « The game that rivals chess ».

Pearson’s magazine - page 519, l’inventeur du Salta joue contre l’actrice Sarah Bernhardt.

Le jeu a été introduit dans les milieux échiquéens à l’occasion du tournoi de Paris 1900. Un tournoi de Salta a été organisé entre les maîtres d'échecs, il est remporté par Brody et Schlechter. Par la suite le jeu est développé par Jules Arnous de Rivière, qui était critique face au règles originelles. Il les a modifié et a développé de nouvelles règles dans sa chronique de L’Echo de Paris tout au long des années 1901-1904 (Il signait cette chronique sous le pseudonyme "Pic de Brasero").

Il appelait sa version du jeu le Steeple-Salta. Il publie des parties, essaie de développer une théorie. Il publie de très nombreuses « recommandations » par des maîtres d’échecs célèbres à des fins publicitaires. Il y en a tellement au fil des semaines, que l'on a du mal à les lister, quelques exemples :  Marco, Teichmann,  Napier ou le champion du monde Emmanuel Lasker, tour à tour encensent son jeu.

L'Echo de Paris du 30 décembre 1901

Il commercialise ses nouvelles règles ainsi que des plateaux de jeu (appelés Saltier). Il a instauré une sorte de « championnat du monde » de Steeple-Salta après chacun des tournois internationaux de Monte-Carlo dont il était l’organisateur. Y participaient, les maîtres d’échecs présents à Monte-Carlo pour le tournoi, des champions de Dames, des spécialistes du Salta.

On apprend dans la chronique de L’Echo de Paris du 8 avril 1901 que c’est Frank J. Marshall qui a gagné le premier tournoi à Monte Carlo entre les « meilleurs saltistes » connus:  « Le vainqueur M.F. Marshall, s’est montré supérieur à tous ses concurrents ; il a conquis le prix de 3000fr sans avoir perdu une seule partie »

La transcription d'une partie de Salta entre Arnous de Rivière et le champion d'échecs américain Harry Nelson Pillbury.

L'Echo de Paris 16 mars 1903

A l’heure où certains joueurs d’échecs se tournent vers le poker, on peut dire que la fièvre du Salta dans le milieu échiquéen, n’a pas survécu à son promoteur, on n'en trouve plus aucune référence après la mort d’Arnous de Rivière en septembre 1905.

Arnous de Rivière coiffé de son inséparable toque en Astrakhan.

La Stratégie décembre 1886 p.356

Il est enterré au cimetière du Montparnasse. Voici une anecdote que raconte Gustave Lazard dans le Bulletin Ouvrier des Echecs de janvier 1947, sur la mort d'Arnous de Rivière :

sources :

- Chess Personalia - Jeremy Gaige (1987) p.356

- Dictionnaire des Echecs - François Le Lionnais et Ernst Maget (1974) p.333

- The Oxford Companion to Chess - David Hooper et Kenneth Whyld  (1992) p.342

-  L'Illustration - (26 mai 1894) p.447

- Les Echecs Modernes - Henri Delaire (1914) p.71

- The British Chess Magazine - Article nécrologique (1905) p.386

- Lasker's Chess Magazine - Article nécrologique et souvenirs de Sam Loyd (1905) p.265

- Revue d'Echecs - Article nécrologique (1905) p.298

- Le Bulletin Ouvrier des Echecs - Article de Gustave Lazard (janvier 1947) p.14

- Europe Echecs - Article de Louis Mandy (juin 1960) p.123

- Pearson’s magazine - Article de Turner Morton (1902) p.517 à 519 (accessible sur Google Books)

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