HERITAGE des ECHECS FRANCAIS

 

Isabelle Choko en mai 2017.

Aimablement transmis par Thierry Silvert.

 

 

 

CHOKO [née Sztrauch] Isabelle [Izabela]

18/09/1928 (Łódź - Pologne) -

Izabela Sztrauch est née à Łódź, dans une famille de la bourgeoisie polonaise sans tradition échiquéenne particulière. Dès le début de la guerre, en 1940, elle est contrainte de vivre dans le ghetto de Łódź avec sa famille d’origine juive. Les conditions de vie sont extrêmement dures, son père, Hersz-Motel va décéder en 1942. C’est dans le ghetto, qu’elle va apprendre à jouer aux Échecs avec un ami et elle joue de temps en temps.

En août 1944, les nazis déportent à Auschwitz les derniers survivants du ghetto et Izabela et sa mère Jenta échappent miraculeusement à la chambre à gaz. Sa mère va décéder en mars 1945 à Bergen-Belsen, de maladies et d’épuisement. Libérée par les anglais le 15 avril 1945, dans un état sanitaire désespéré, elle est soignée sur place puis envoyée en convalescence en Suède.

Elle arrive en France en 1946 et y retrouve un oncle ainsi que sa famille qui vont l’accueillir. À l’origine, ses parents souhaitaient qu’elle fasse des études en France, elle avait donc appris très jeune la langue française. Elle joue régulièrement aux Échecs avec son cousin Georges. Ensuite, elle rencontre Arcadie (dit Arthur) Choko, lui-même d’origine polonaise, se marie très vite et le couple aura 3 enfants.

Elle s’inscrit au club de Saint-Maur-des-Fossés et joue assez régulièrement. C’est en 1954, à la suite de vacances à Vittel avec sa famille, qu’elle décide de se mettre aux Échecs sérieusement. Elle s’inscrit, sur la recommandation de ses partenaires du club de Saint-Maur-des-Fossés au club de Caïssa à Paris, où elle devient amie de Chantal Chaudé de Silans. Les familles des deux femmes continueront, d’ailleurs, de se recevoir après la retraite échiquéenne d’Izabela.

 À Caïssa, elle joue régulièrement dans les compétions et les tournois inter-cercles.

Elle s’entraîne régulièrement avec Abraham Baratz champion de Paris en 1925-1927-1928, travaille également avec Georges Scherbakoff, joueur d’origine russe et bénéficie des conseils de Xavier Tartakower.

 Elle et son mari sont très amis avec le Docteur Guy Mazzoni (1929-2002), champion de France en 1961 et 1965 et le couple partira plusieurs fois en vacances en Tunisie chez lui (Mazzoni est originaire de Tunisie). C’est à cette occasion qu’ Izabela rencontrera et deviendra amie avec Ridha Belkadi (1925-2012), Maître International tunisien.

 

En 1955, après le quatrième Championnat de France F.S.G.T, Izabela Choko, Abraham Baratz et François Molnar (champion de Paris en 1962-1963-1964) donnent une simultanée à la Fête de l’Humanité.

 

Isabelle Choko en simultanée en 1955.

Aimablement transmis par Thierry Silvert.

Une activité professionnelle débordante et les occupations familiales lui interdisent d’avoir une activité échiquéenne très dense mais elle va s’inscrire, malgré tout, sous la pression de son mari et de ses amis, au championnat de France de Vittel en 1956. Elle va survoler la compétition avec 8/10, pas de défaite et 2 points d’avance sur la championne en titre, Madame Vazeille. Le 9 septembre 1956, après la distribution des prix elle participe à une partie avec des pièces vivantes sur le champ de course de Vittel. Des enfants costumés en or et rouge, les couleurs de la Lorraine, figurent les pièces noires et blanches, les coups sont annoncés par haut-parleur. Elle jouera les blancs contre un des participants du championnat de France masculin, M. De Wyn.

 

En 1957, la FFE la sélectionne, avec Chantal Chaudé de Silans, au premier championnat du monde par équipe féminine à Emmen (Pays-Bas), appelé maintenant Olympiades. L’équipe de France finira 1ère du groupe B et Isabelle Choko fera 50 % des points. Elle perdra notamment contre la russe Kira Zvorykina (1919-2014) qui deviendra vice-championne du monde (1960).

 

 

L'invitation de la FFE a participé au 1er tournoi des Nations féminin par équipes.

Aimablement transmis par Thierry Silvert.

 

 

Le fanion d'Isabelle Choko lors du championnat du monde 1957.

Aimablement transmis par Thierry Silvert.

 

 

C’est à la suite de cette compétition qu’Isabelle Choko, décidera de décliner les autres invitations de la FFE et de prendre sa retraite échiquéenne pour se consacrer à sa famille et à son travail.

 

Elle a écrit plusieurs livres sur son histoire et elle participe à de très nombreuses conférences sur la Shoah où elle fait part de son témoignage.

 

Elle a publié:

 

- Mes deux vies (2005)

- La Jeune Fille aux yeux bleus (2014)

 

Sources:

- Eléments biographiques rédigés et aimablement transmis par Thierry Silvert, qui a rencontré Isabelle Choko.

- Lien vers un témoignage vidéo d'Isabelle Choko sur le site internet du Mémorial de la Shoah.